Le terme luminisme est utilisé pour parler de plusieurs groupes de peintres forts différents :

  • un ensemble de peintres belges,
  • les œuvres de jeunesse pointillistes des néerlandais Jan Toorop, Jan Sleijters ou Piet Mondriaan,
  • un groupe de peintres espagnols qui comprend notamment Joaquín Sorolla, Ignacio Pinazo Camarlench et Vicente Castell,
  • et aussi un ensemble de peintres américains qui ont représenté des paysages dans des tonalités douces en mettant l'accent sur le rendu atmosphérique, les effets de la lumière directe et de la lumière reflétée, notamment sur l’eau.

Mais il désigne dans la réalité surtout le luminisme belge, une forme d’impressionnisme autochtone consacrant une grande attention aux effets de lumière.

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Émile Claus, Journée ensoleillée (1899)

Dans le contexte du luminisme belge, le terme doit être compris comme la fusion de deux tendances : d'une part, l'influence presque simultanée de l'impressionnisme français et du néo-impressionnisme et d'autre part, la perpétuation d'une tradition réaliste propre à l'art belge.

L’intérêt presque exclusif pour les irradiations les plus claires de la lumière et la recherche d’effets picturaux capable de les restituer, ont emmené critiques d’art et commentateurs à user du terme luminisme. Pour la Belgique ce néologisme tente de proposer une distinction par rapport aux concepts traditionnels et typiquement français d’impressionnisme, de néo-impressionnisme et de post-impressionnisme.

Historique

En 1904, la plupart des impressionnistes belges se présentent sous une nouvelle bannière, celle de Vie et Lumière, une association qui vient de se constituer sous l’impulsion d’Émile Claus, de George Morren et d'Adrien-Joseph Heymans. Outre ces trois peintres, on retrouve au sein de la nouvelle association la présence d’anciens vingtistes comme James Ensor, Georges Lemmen, Anna Boch, et Guillaume Van Strydonck, ainsi que quelques disciples de Claus (Georges Buysse, Edmond Vertstraete, Jenny Montigny, Anna De Weert, Modest Huys) et d'Adrien-Joseph Heymans. Hormis Lemmen et Ensor, tous adhèrent avec une originalité plus ou moins grande à la technique impressionniste française.

Le foyer luministe le plus actif se situe donc en Flandre, précisément dans la région gantoise, autour d’Emile Claus et de Jean Delvin, ancien vingtiste dissident qui formera nombre de jeunes luministes à l'Académie royale des Beaux-Arts de Gand. Également dans la région de la Lys, Léon de Smet mène un luminisme à « ses ultimes possibilités » avec un charme tout particulier.

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Anna Boch, Pendant l'élévation, 1893

À Bruxelles, nombre de peintres sont aussi gagnés, à l’aube du XXe siècle, aux faveurs du luminisme. Étroitement lié à la France, Marcel Jefferys réalise également des œuvres lumineuses tout imprégnées de la vision impressionniste.

D’origine franco-flamande, Évariste Carpentier connaît un cheminement esthétique assez semblable à celui de Claus, et comme ce dernier, devient l’un des plus actifs propagateurs du luminisme en Belgique. C’est surtout à Liège au tournant du siècle que Carpentier, nommé alors professeur à l’Académie des beaux-arts, suscite de nouvelles vocations impressionnistes, notamment celles de Richard Heintz, d’Albert Lemaître et de José Wolff. Des séjours entre autres à Venise, dans la région du Latium, en Andalousie et dans le Midi de la France renforceront leur luminisme.

Également au contact des lumières du Sud (notamment à Martigues et à Venise), le Louviérois Paul Leduc se révèle un véritable impressionniste attentif aux divers éclairages du jour.

D'après Wikipédia