Franz Xaver Winterhalter, né à Menzenschwand, grand-duché de Bade, le 20 avril 1805 et mort à Francfort-sur-le-Main, Hesse-Nassau, le 8 juillet 1873 (à 68 ans), est un peintre académique et lithographe allemand, ayant vécu principalement en France. Il fut le portraitiste attitré du gotha européen durant le deuxième tiers du XIXe siècle.

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Il est le septième des neuf enfants de Fidel Winterhalter, cultivateur, mais aussi vendeur ambulant d'horloges, résinier, tonnelier et juré dans les juridictions locale, voire aubergiste. Des neuf enfants du couple, seul quatre atteignent l'âge adulte.  

Il fréquente l'école primaire de Sankt Blasien, où le père Josef Berthold Liber découvre ses talents de dessinateur et l'encourage. En 1818, Franz Xaver est envoyé pour quatre ans en apprentissage à Fribourg-en-Brisgau chez Karl Ludwig Schuler, où il est formé au dessin et à la gravure sur cuivre. Lorsque Schuler est nommé un an plus tard directeur de l'institut d'art nouvellement fondé au sein des éditions Herder, il prend son apprenti avec lui. Son frère Hermann commence peu après un apprentissage chez Herder. Pour assurer le paiement de ces apprentissages, le père doit mettre sa maison de Menzenschwand en gage.

En 1823, avec le soutien de David von Eichthal, un industriel local, Franz Xaver obtient une bourse du grand-duc Louis Ier de Bade pour continuer des études, de peinture cette fois, à l'Académie des beaux-arts de Munich. Pendant cette période, Winterhalter travaille dans l'atelier du portraitiste Joseph Karl Stieler, et il gagne déjà de l'argent comme lithographe ; il exécute notamment des commandes pour le marchand d'art Ludwig Albert von Montmorillon et pour Karl von Piloty.  

En 1828, il quitte Munich pour Karlsruhe, où il est engagé comme maître de dessin de la grande-duchesse Sophie de Bade. Il crée pendant cette période de nombreux portraits de la famille ducale et de notables. Lorsque Léopold Ier devient grand-duc de Bade en 1830, Winterhalter s'installe à Karlsruhe et devient peintre officiel de la cour.

1828 - Sophie de Suède, grande-duchesse de Bade

1828 - Sophie de Suède, grande-duchesse de Bade

En 1832, grâce à une bourse d'études octroyée par le grand duc Léopold Ier de Bade, Winterhalter part en Italie en 1832. Il copie dans ses carnets les grands maîtres. Au milieu de l'année 1833, il s'installe à Rome où il partage un atelier avec Johann Baptist Kirner. Il continue à pratiquer l'art du portrait, et peint plusieurs effigies de diplomates et leurs familles, de peintres, de sculpteurs et d'architectes allemands résidant à Rome. Winterhalter peint aussi ses premières scènes de genre, dans le style des peintures de genre italiennes influencées par les Nazaréens.

Il s'installe à Paris en décembre 1834. Deux scènes de genre, Il dolce farniente, exposée au Salon de 1836 et Le Décameron, présentée au Salon en 1837 sont toutes deux chaleureusement accueillies par la critique et par le public et assurent la réputation de Winterhalter comme peintre. Il obtient une médaille de deuxième classe au Salon de 1837.

Ses premiers portraits sont ceux de la famille Berthier. Il expose au Salon de 1838 le portrait du prince Alexandre de Wagram, fils du maréchal Berthier et de sa fille Malcy, peint en 1837. Ce portrait lance sa carrière de portraitiste, et lui vaut les premières commandes royales. 

Le roi Louis-Philippe choisit Winterhalter pour exécuter une trentaine de portraits en pied de ses proches, il devient de fait le peintre de cour. Winterhalter demande à son frère cadet Hermann et à son ami Albert Graefle de le rejoindre pour satisfaire les commandes qui affluent. En 1839, il est nommé chevalier de la légion d'honneur par Louis-Philippe (puis promu officier en 1857 par Napoléon III).

1830 - Karl Joseph Berckmüller

1830 - Karl Joseph Berckmüller

En 1842, Winterhalter est invité en Angleterre par la reine Victoria, et il réalise des portraits de la reine et du prince Albert qui enchantent le couple royal. Dans les vingt années qui suivent, Winterhalter passe chaque année plusieurs semaines ou mois en Angleterre ; il réalise plus de cent vingt peintures commandées par la famille royale. 

Lors de la révolution de 1848, Winterhalter voyage en Europe et peint les têtes couronnées. Il retourne à Paris à la fin de l'année 1849. Il travaille les années suivantes à Paris et Londres, et à Madrid.

Depuis 1853 et leur mariage, Napoléon et l'impératrice Eugénie sont des commanditaires enthousiastes et assidus de Winterhalter. Les premiers portraits sont des portraits d'apparat, où les souverains sont représentés en pied vêtus de pourpre et d'une traîne de cour, avec tous les insignes impériaux. L'image emblématique du Second Empire est L'Impératrice Eugénie entourée de ses dames d'honneur de 1855. Le tableau est terminé pour l'exposition universelle ; il obtient une médaille de première classe.

Pendant les dix années qui suivent, Winterhalter est au faîte de sa gloire et jouit d'une renommée internationale. Les commandes affluent de toutes les cours d'Europe, et il voyage à travers toute l'Europe. Il séjourne régulièrement en Angleterre, il expose au salon de la Royal Academy de Londres, de 1852 à 1867.

En 1864 et 1865, il peint les portraits des souverains autrichiens, l'empereur François-Joseph d'Autriche, plusieurs fois l'impératrice Élisabeth d'Autriche (« Sissi »), aussi le frère cadet de François-Joseph d'Autriche Maximilien, empereur du Mexique et sa femme Charlotte de Belgique.  

1831 - Léopold Ier, grand-duc de Bade

1831 - Léopold Ier, grand-duc de Bade

La chute du Second Empire surprend Winterhalter alors qu'il séjourne en Suisse. Elle met un terme au règne de Winterhalter en tant que peintre de cour. Il revient en Bade, et continue à peindre des portraits. Il vit alors à Karlsruhe, mais se rend souvent à Francfort-sur-le-Main où il est plus susceptible d'obtenir des commandes. Il fait aussi un séjour à Baden-Baden où il peint, à la demande de la reine Victoria, un portrait de sa demi-sœur Feodora de Leiningen, princesse de Hohenlohe-Langenbourg.

En 1873, Winterhalter contracte le typhus et meurt à Francfort

Au vingtième siècle, sa peinture est tombée en disgrâce, considérée comme romantique, brillante et superficielle, ce qui ne lui a valu, par la suite, qu'un intérêt mineur. Pour une partie de la critique, son œuvre présentait surtout un intérêt d'ordre historique.

Cependant, l'éclairage nouveau de son travail apporté par l'exposition, à la National Portrait Gallery de Londres en 1987 et au Petit Palais à Paris en 1988, a permis une nouvelle et meilleure considération, ainsi que la nouvelle exposition de 2015-2017 à Fribourg, Houston et Compiègne.

1834 - Le comte Ludwig von Langestein

1834 - Le comte Ludwig von Langestein

1836 - Italienne avec un enfant

1836 - Italienne avec un enfant

1836 - Jeune Fille des monts Sabins

1836 - Jeune Fille des monts Sabins

1839 - Louis-Philippe Ier

1839 - Louis-Philippe Ier

1840 - Autoportrait avec son frère

1840 - Autoportrait avec son frère

1840 - Portrait du roi Léopold Ier de Belgique

1840 - Portrait du roi Léopold Ier de Belgique

1841 - Portrait de la reine Louise-Marie de Belgique

1841 - Portrait de la reine Louise-Marie de Belgique

1842 - La reine Victoria

1842 - La reine Victoria

1842 - Portrait de la reine Marie-Amélie de Bourbon-Siciles

1842 - Portrait de la reine Marie-Amélie de Bourbon-Siciles

1842 - Portrait du prince consort Albert

1842 - Portrait du prince consort Albert

1843 - Portrait de Léonille de Sayn-Wittgenstein-Sayn, née Baryatinsky

1843 - Portrait de Léonille de Sayn-Wittgenstein-Sayn, née Baryatinsky

1852 - Portrait de la reine Isabelle II d'Espagne

1852 - Portrait de la reine Isabelle II d'Espagne

1853 - Portrait de l'impératrice Eugénie

1853 - Portrait de l'impératrice Eugénie

1854 - Katarzyna Potocka en costume oriental

1854 - Katarzyna Potocka en costume oriental

1854 - Portrait de l'impératrice Eugénie habillée à la Marie-Antoinette

1854 - Portrait de l'impératrice Eugénie habillée à la Marie-Antoinette

1854 - Portrait du maharajah Dhulîp Singh

1854 - Portrait du maharajah Dhulîp Singh

1855 - Portrait de l'impératrice Eugénie entourée de ses dames d'honneur

1855 - Portrait de l'impératrice Eugénie entourée de ses dames d'honneur

1858 - Princesse Anne de Prusse

1858 - Princesse Anne de Prusse

1860 - Pauline Sándor, princesse Metternich

1860 - Pauline Sándor, princesse Metternich

1864 - Barbe Dmitrievna Mergassov Madame Rimsky-Korsakov

1864 - Barbe Dmitrievna Mergassov Madame Rimsky-Korsakov

1864 - Portrait de l'impératrice Eugénie

1864 - Portrait de l'impératrice Eugénie

1864 - Portrait du Prince impérial

1864 - Portrait du Prince impérial

1865 - Portrait de l'impératrice Élisabeth d'Autriche

1865 - Portrait de l'impératrice Élisabeth d'Autriche

 

D'après Wikipédia