L'abstraction lyrique se réfère à deux mouvements distincts, bien que liés, de la peinture moderne d'après-guerre : l'abstraction lyrique européenne et l'abstraction lyrique américaine.

Bien avant que le terme soit défini, la tendance à l'expression directe de l'émotion individuelle, dans l'abstraction, s'est déjà brièvement manifestée chez Wassily Kandinsky dans sa première période (1910-1914), avec ses « improvisations » et ses « compositions ». Mais c'est avec Hans Hartung que cette volonté d'expression pure et libre s'affirme de nouveau, avec ses premiers dessins et aquarelles (1920-1922), puis, dès 1925-1927 avec Joan Miró. Dès 1925, il développe de surprenantes recherches plastiques dans divers sens, avec une profusion de symboles qui font de lui le précurseur du lyrisme abstrait contemporain.

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Joan Miro

Abstraction lyrique européenne 
 
L'abstraction lyrique est une expression employée pour désigner, en opposition à l'abstraction géométrique, ou au constructivisme, une tendance à l'expression directe de l'émotion individuelle qui est rattachée à l'art informel développé à Paris après la Seconde Guerre mondiale. Une polémique oppose les tenants de l'abstraction géométrique, dite « froide », à ceux de l'abstraction lyrique « chaude ».

L’expression « abstraction lyrique » est employée pour la première fois par Jean José Marchand et le peintre Georges Mathieu lors de l'exposition organisée, en décembre 1947, à la galerie du Luxembourg avec Wols, Bryen, Hartung, Mathieu, Riopelle, Atlan, Ubac, Arp.

Après la Seconde Guerre mondiale, certains critiques d'art s'emparent d'un nouveau courant abstrait, afin de préserver — et relancer, après quatre ans d'occupation nazie — le blason de modernité d'un Paris qui depuis la fin du XVIIe siècle a occupé le rang de capitale des arts. Par ailleurs, à partir de 1947, on assiste à une compétition entre Paris et la nouvelle école de peinture américaine née à New York (Jackson Pollock depuis 1946, Willem de Kooning depuis 1952…), qui sera suivie au début des années 1950 et jusqu'en 1964, par le lancement d'une virulente campagne de promotion culturelle par les autorités et la critique américaines.

Dès la Libération de Paris mi-1944, se tiennent de nombreuses expositions des artistes de cette nouvelle tendance, d'abord dans des galeries d'art privées, puis dans les salons de peinture, tels le Salon des surindépendants, le Salon de Mai, créé en 1943 ou le Salon des réalités nouvelles, créé en 1946.

Les artistes de l'abstraction lyrique appliquent en quelque sorte les leçons de Kandinsky, mais aussi de Hartung et de Miró. L'abstraction géométrique expose des figures géométriques connues et reconnues : un carré, une ligne. L'abstraction lyrique est vécue comme une ouverture à l'expression personnelle de l'artiste. Le langage abstrait suit une écriture gestuelle, allant de la projection linéaire des couleurs sur la toile jusqu'à leur brossage plus ou moins ample.

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Hans Hartung

Le terme « tachisme », d'abord employé péjorativement par le critique Pierre Guéguen en 1951, est réutilisé en novembre 1952 par le critique Michel Tapié. Ce courant correspond à l'Action painting (parfois nommé « peinture gestuelle ») américaine, théorisée en 1952 par le critique Harold Rosenberg dans son article American Action Painters, et en particulier, à la technique utilisée par le peintre expressionniste abstrait Jackson Pollock

On associe à l'abstraction lyrique certains des principaux artistes de la tendance non figurative de la nouvelle école de Paris, tels que Jean Bazaine, Alfred Manessier ou Jean Le Moal, puis Serge Poliakoff, Roger Bissière, Maurice Estève, Antoine Mortier, François Baron-Renouard, Huguette Arthur Bertrand, Pierre Fichet, Oscar Gauthier, Elvire Jan, Marinette Mathieu ou Chu Teh-Chun.

Une résurgence de ce mouvement voit le jour au début des années 1970 avec une génération d'artistes nés pendant ou juste après la Seconde Guerre mondiale, parmi lesquels on peut citer Paul Kallos, Georges Romathier, Michelle Desterac, François-Charles Bazelaire et Thibaut de Reimpré.

Abstraction lyrique américaine 

L'Abstraction lyrique américaine est un mouvement, liée à l'expressionnisme abstrait et au tachisme européen, qui est apparu dans les années 1960–1970 à New York, Los Angeles, Washington, puis Toronto et Londres. Il se caractérise également par une expression plus libre, spontanée, intuitive, un espace illusionniste, l'emploi de l'acrylique et d'autres techniques picturales plus récentes, en réaction aux courants alors dominants du formalisme, de l'abstraction géométrique, du minimalisme, de l'art conceptuel et du Pop Art. Beaucoup de ses artistes étaient précédemment minimalistes et ont utilisé un style monochromatique et géométrique. L'abstraction lyrique cherche à produire une expérience sensorielle par la monumentalité et la couleur et à apporter plus de lyrisme, de sensualité et de romantisme à l'abstraction, afin de revigorer la tradition picturale dans l'art américain et de rétablir la primauté de la ligne et de la couleur comme éléments formels, dans des œuvres composées selon des principes esthétiques, plutôt que comme des représentations visuelles de réalités socio-politiques ou de théories philosophiques.

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Helen Frankenthaler

On peut citer Christensen, Walter Darby Bannard, Ronald Davis, Helen Frankenthaler, Sam Francis, Cleve Gray, Ronnie Landfield, Morris Louis, Jules Olitski, Robert Natkin, William Pettet, Mark Rothko, Lawrence Stafford, Peter Young...  

D'après Wikipédia