André Derain, né le 10 juin 1880 à Chatou (Yvelines) et mort le 8 septembre 1954 à Garches (Hauts-de-Seine), est un peintre français et l'un des fondateurs du fauvisme. Il est également peintre de décors et costumes de ballets et de théâtre, graveur et illustrateur.

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Il naît dans une famille aisée. Son père Louis-Charlemagne, crémier-glacier, est conseiller municipal. Sa mère, Clémentine Angélique, a perdu plusieurs enfants en bas-âge, seul reste un frère aîné, René. André est placé dans une famille nourricière à Orgeval. Il commence à peindre vers 15 ans alors qu'il termine ses études secondaires au lycée Chaptal. À 18 ans, il entre à l'académie Camillo, dirigée par Eugène Carrière, un ami de Pierre Puvis de Chavannes. En 1900, il rencontre Maurice de Vlaminck dans un train de banlieue. En 1901, il fait la connaissance d'Henri Matisse au Louvre alors qu'ils effectuent des copies.

Jeunes peintres démunis avec Vlaminck, ils partagent un atelier à Chatou. Il effectue son service militaire entre 1901 et 1904. Il commence à peindre ses premiers paysages et illustre les premiers romans de Vlaminck. Autodidacte, il fréquente assidûment les musées et nourrit sa réflexion esthétique d'un grand nombre de lectures (Zola, Nietzsche…). À l'influence déterminante de Vincent Van Gogh, qu'il découvre en 1901, s'ajoute celle des néo-impressionnistes et surtout l'œuvre de Paul Cézanne qu'il voit au premier Salon d'automne en 1903.

Après avoir suivi les cours de l'académie Julian, Derain rejoint Matisse à Collioure en 1905. Ensemble ils créent la première révolution esthétique du XXe siècle : le Fauvisme (couleurs vives, dessin simplifié... Il expose au Salon d'automne, en 1905, dans la Salle aux fauves avec Matisse, Vlaminck, Braque, Camoin, Marquet, Girieud ; il signe la même année son contrat avec Ambroise Vollard. Il est alors considéré comme un des meilleurs représentants du fauvisme.

1903 - Autoportrait à l'atelier 

1903 - Autoportrait à l'atelier

En 1906-1907, il est bouleversé par la découverte des arts « primitifs » à Londres et commence avec Vlaminck à collectionner ce que l'on appelle, alors, l’« art nègre ». Il achète un masque Fang. Il s'intéresse aux arts décoratifs : céramique, bas-reliefs en bois, sculpture qu'il pratique sur pierre. Il réalise de grands panneaux sur le thème de l'âge d'or, de la danse ou des baigneuses. Après 1906, l'influence de Paul Gauguin décroit sur sa peinture, sa palette change. Puis l'année suivante, il déménage à Montmartre pour se rapprocher de ses amis Pablo Picasso, Braque, Apollinaire, Kees van Dongen et Max Jacob… Il rencontre Alice Géry, la femme de Maurice Princet, mathématicien et théoricien du cubisme. Elle se sépare de son mari et épouse André Derain en 1926 ; ce dernier peindra à de nombreuses reprises son visage sévère et élégant. Alice a un caractère trempé ; elle et Derain assumeront l'éducation de sa nièce Geneviève, née en 1919. Mme Derain organise la vie et supporte les aventures de son mari.  

En 1906, Derain séjourne à l'Estaque où il travaille avec Braque. En 1907 il passe l'été à Cassis, où Matisse le visite.

En 1908, Derain séjourne à Martigues où Friesz, Braque et Dufy sont ses voisins. Il peint une série de paysages pré-cubistes représentant la ville et ses environs puis avec Dufy à L'Estaque. Il illustre le premier livre de poésie de Guillaume Apollinaire, L'Enchanteur pourrissant (1909). Après avoir peint des paysages de Cagnes-sur-Mer, il rejoint Picasso en Espagne à Cadaqués en 1910. Il participe avec Braque et Picasso à la première phase de l'invention du cubisme dite cézano-cubiste. Dès 1911, il revient à une facture qui semble plus traditionnelle, amorce un retour à la perspective et au clair-obscur, à la suite d'un séjour dans le nord et le centre de la France. Il anticipe alors le retour au classicisme qui s'imposera après 1918 à Picasso, Braque et à la nouvelle génération des peintres. Cette période de son œuvre, dite gothique ou byzantine, d'une grande originalité, a fortement influencé la peinture métaphysique italienne d'après-guerre (De Chirico, Sironi, etc.) et la peinture allemande de la Nouvelle Objectivité. Elle a également beaucoup impressionné les futurs poètes surréalistes français (Breton, Aragon, Desnos...).

En 1912, il séjourne à Vers (Lot). Il participe à Londres à la Second Postimpressionnist Exhibition. Il illustre un recueil de poèmes de Max Jacob en 1912 : Œuvres burlesques et mystiques du frère Matorel mort au parloir. En 1913, il retrouve Vlaminck à Martigues et participe à l'exposition de la Toison d'Or à Moscou et de l'Armory Show à New York. En 1914, il expose dans les galeries de l'expressionnisme allemand, à la Neue Galerie de Berlin ; puis à Düsseldorf, enfin à Dresde. Pendant l'été il est à Montfavet près d’Avignon, avec Braque et Picasso, quand éclate la guerre. Il s'éloignera de Picasso à l'issue de la guerre, leurs liens s'étant distendus.

1905 - Bateaux à Collioure

1905 - Bateaux à Collioure

Au début de la Première Guerre mondiale, Derain est mobilisé dans l'artillerie, au régiment d'infanterie de Lisieux. En 1919, Derain fournit des illustrations pour le premier livre d'André Breton, Mont de Piété. Il est démobilisé la même année.

Pour le ballet La Boutique fantasque, de Diaghilev, animateur des Ballets russes, joué à Londres en juin 1919, il crée des marionnettes mécaniques. Cette expérience l'amène à concevoir de nombreux décors et costumes de ballets pendant les années 1920 et 1930 pour la scène. 

Paul Guillaume devient son marchand attitré en 1923. Sa réputation grandit encore lorsqu'il reçoit le prix Carnegie en 1928 pour le tableau La Chasse et continue à exposer dans le monde entier. Célèbre figure des Années folles, il collectionne les voitures (les Bugatti), les châteaux et les conquêtes féminines.

En 1929, il se fait construire une maison-atelier par l'architecte Zielensky dans le 14e arrondissement de Paris, en face de chez Braque. Pour ses partisans, Derain devient le représentant d'une peinture classique de tradition française réaliste, aux références éclectiques et assumées. Sa palette est caractérisée par des couleurs brunes et des clairs-obscurs, ses natures mortes et nus féminins évoquent Courbet, ses paysages l'École de Barbizon ou Corot. Il est alors qualifié de « plus grand peintre français vivant », de « régulateur ».

1905 - Henri Matisse

1905 - Henri Matisse

Le 1er octobre 1934, son marchand Paul Guillaume meurt. Dorénavant, Derain n'a plus de marchands attitrés. En 1935, il vend ses propriétés et achète une grande maison à Chambourcy où il peindra ses grands formats et où il installera par la suite un four et un atelier de potier. Il aménage son atelier au premier étage de la demeure, dans une pièce avec double ouverture sur cour et sur parc, donnant accès à la terrasse. 

Son activité d'illustrateur de 1932 à 1942 devient essentielle. En 1934, il grave 33 burins sur cuivre pour un projet d'illustration du Satyricon de Pétrone, commandé par Ambroise Vollard. 

Pendant l'exode de 1940, il fuit avec sa famille vers le sud, en Ariège, et y retrouve Braque. Sa maison de Chambourcy est occupée et pillée par l'armée allemande. Pendant l'occupation allemande de la France, il revient vivre à Paris. Il réalise des cartons de tapisseries. L'éditeur suisse Albert Skira lui commande cent soixante-dix-neuf bois gravés en couleurs pour illustrer le Pantagruel de Rabelais. Derain refuse toute exposition publique dans la capitale pendant la durée de la guerre. En outre, il ne s’implique pas dans la politique culturelle du gouvernement de Vichy. Il refuse la proposition de Georges Hilaire de prendre la direction de l'école des Beaux-Arts et il n’accepte aucune responsabilité officielle.  

Pourtant, Derain est courtisé par les Allemands comme symbole prestigieux de la culture française. En échange de la promesse de libération de prisonniers français et de récupérer sa maison de Chambourcy, il accepte une invitation d'artistes français pour une visite officielle en Allemagne en 1941, avec notamment Paul Landowski et son ami Maurice de Vlaminck, Kees van Dongen ou encore le sculpteur Paul Belmondo. Ce voyage organisé par la propagande allemande a un grand retentissement et sera reproché à ses participants. À la Libération, Derain est mis en cause en raison de sa participation. Le 3 octobre 1944, un collectif de « juges improvisés » se réunit sous la présidence de Picasso. Derain est exonéré des accusations portées contre lui. En revanche, un an plus tard, le comité national des artistes institué par les pouvoirs publics frappe Derain d'une interdiction professionnelle d'exposer pendant un an. Derain n'acceptera jamais ce verdict et se retire dans sa maison de Chambourcy.

Il vit avec sa femme, sa belle-sœur, ainsi que sa nièce, son mari et leurs enfants, tout en travaillant sur des décors de ballets et d'opéras. 

En 1947, il rencontre Edmonde Charles-Roux, journaliste à Vogue, de quarante ans sa benjamine, avec qui il noue une idylle. Elle pose régulièrement, voir par exemple le Portrait d'Edmonde de Charles-Roux au collier de perles 55. Avec elle, Balthus et Giacometti viennent souvent rendre visite au vieux maître. En 1949, la galerie de Berri lui rend hommage par une exposition. 

En 1950, Derain illustre les Contes de La Fontaine et Citadelle, un roman de Saint-Exupéry et recommence à pratiquer la sculpture et le modelage. 

Il meurt à l'hôpital de Garches, le 8 septembre 1954 des suites d'un accident de voiture. 

Le peintre a eu un fils, Robert. Mais je n'ai pu trouver nulle part qui était la mère ; a priori ce n'est pas Alice...

1905 - Le séchage des voiles

 1905 - Le séchage des voiles

1905 - Madame Matisse en kimono

1905 - Madame Matisse en kimono

1906 - Big Ben

1906 - Big Ben

1906 - Blackfriars Bridge, Londres

1906 - Blackfriars Bridge, Londres

1906 - Charing Cross Bridges, Londres

1906 - Charing Cross Bridges, Londres

1906 - La danse

1906 - La danse

1906 - La jetée à L'Estaque

1906 - La jetée à L'Estaque

1906 - Les arbres

1906 - Les arbres

1906 - Les voiles rouges

1906 - Les voiles rouges

1906 - Quai Victoria, Londres

1906 - Quai Victoria, Londres

1907 - Pinède à Cassis

1907 - Pinède à Cassis

1907 - Route de montagne

1907 - Route de montagne

1908 - Baigneuses

1908 - Baigneuses

1908 - Martigues

1908 - Martigues

1908 - Paysage de Provence

1908 - Paysage de Provence

1910 - Cadaquès

1910 - Cadaquès

1911 - La table

1911 - La table

1911 - Le dernier souper

1911 - Le dernier souper

1912 - Fenêtre sur le parc

1912 - Fenêtre sur le parc

1912 - Nature morte

1912 - Nature morte

1913 - Jeune fille en noir

1913 - Jeune fille en noir

1914 - Homme au journal

1914 - Homme au journal

1929 - Madame Guillaume

1929 - Madame Guillaume

 

D'après Wikipédia